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Vidéos des lieux et personnes qui font la capitale

Quelles pépites recèlent les arcanes de la Bibliothèque nationale de France ? Quels joyaux se dissimulent derrière ses portes secrètes ? Les conservateurs lèvent le voile sur les livres, objets, dessins précieux de l’institution. Visite guidée.La Bibliothèque nationale de France (BnF) s’emplit, sur ses différents sites (dont François-Mitterrand, Richelieu et Arsenal) du murmure des siècles, des pages lues, de l’aura des pépites qu’elle recèle dans ses arcanes, à l’abri des regards, pour les prémunir de toute détérioration. Autant de joyaux accessibles aux chercheurs ou visibles lors d’expositions exceptionnelles. Parés du silence sacré de leur fonction, les conservateurs confient : « Face à leur majesté, l’humilité nous envahit. » Parmi eux, Jean-Marc Chatelain, directeur de la Réserve des livres rares, à François-Mitterrand, conte ses merveilles, conservées dans le « magasin » à hygrométrie constante (18 °C, 55 % d’humidité). « Nos 200 000 volumes se composent uniquement de documents imprimés, de Gutenberg à nos jours », explique-t-il. Ainsi extrait-il d’une boîte en carton, la mythique Bible de Gutenberg (1455), tout premier livre imprimé en Occident ! À ses côtés, il dévoile le fascinant Atlas de la Lune (1647), de l’astronome polonais Hevelius, avec ses gravures sur cuivre peintes à la main : un exemplaire exceptionnel, offert à Louis XIV. Enfin, il révèle une impressionnante collection de tracts de mai 1968 ; évoque aussi des documents sur la guerre d’Algérie, des journaux clandestins de la Résistance, etc. Quant aux ouvrages « contemporains » ? « Il s’agit souvent de livres d’artistes, enrichis d’oeuvres, telle une anthologie de L’Histoire naturelle de Buffon, offerte par Picasso à Dora Maar, complétée d’une quarantaine de créations du peintre. » Autant de curiosités à retrouver lors de l’exposition Éloge de la rareté (lire encadré ci-contre).  ARCHIVES DE LA BASTILLE Plus loin, sur la petite et précieuse bibliothèque de l’Arsenal, fameuse pour ses époustouflants salons peints du xviie siècle, Bruno Blasselle, son directeur, règne en maître. Aux côtés d’un évangéliaire (xe) ayant appartenu à l’abbesse sainte Aure ou du Grand Armorial équestre de la Toison d’or (xve), le conservateur dévoile une liasse anarchique de feuilles manuscrites : les fameuses « archives de la Bastille ». « Ce sont tous les dossiers – interrogatoires des prisonniers, lettres de demande de sorties, correspondances, etc. – des détenus, de 1666 à la Révolution. Retrouvés dans les fossés autour de la forteresse, nettoyés, microfilmés, numérisés, ces documents constituent une source précieuse sur la vie au xviiie siècle ! », dit-il.Dans l’antre de la grandiose Richelieu – l’historique Bibliothèque nationale –, Guillaume Fau, chef de service des Manuscrits modernes et contemporains, feuillette une somme de carnets de brouillons, sur lesquels court une écriture serrée. Parmi les ratures, les renvois, les lignes opaques, l’on devine les noms d’Albertine, de Charlus, de Swann et de Combray : il s’agit des manuscrits d’À la recherche du temps perdu de Proust, des toutes premières ébauches jusqu’à la mouture définitive, envoyée à l’imprimeur. L’émotion de Guillaume Fau, dont le service possède, parmi d’autres, des manuscrits de Diderot, Hugo, Zola, Stendhal, Sartre et Céline, est palpable. CARTES AUX TRÉSORS Pour autant, les trésors de la BnF ne sauraient se réduire à la seule écriture. Dans les collections, vivent aussi images, objets, photos, etc. À Richelieu, le département des Estampes et de la photographie – 15 millions d’oeuvres –, recèle ainsi d’autres documents extraordinaires, gravures, jeux de cartes, dessins, affiches et photographies originaux. Quelques couloirs plus loin, une porte s’entrouvre sur de fabuleuses cartes aux trésors. Ce sont des « portulans », ces cartes nautiques du Moyen Âge, sur parchemin, richement enluminées, truffés d’informations, en dessins colorés, sur la politique, l’économie, les moeurs des indigènes. « Nous en possédons 400, soit un tiers de la production mondiale », dit, fier, François Nawrocki, directeur adjoint du département Cartes et plans. Parmi ces mappemondes, astrolabes et boussoles, l’homme désigne aussi d’autres pépites : « Voici le plus ancien globe céleste, qui date du xie siècle, ou encore un fac-similé du globe terrestre de Behaim (1492), le seul sans l’Amérique. » APPAREILS D’ÉPOQUE Retour à François-Mitterrand. Au 17e étage de la tour 3, une forêt de pavillons, gramophones, scopitones, consoles de jeu préhistoriques, appareils hybrides, emplissent la salle Charles Cros, du département Audiovisuel. « Pour faire écho à nos collections de plus d’un million de documents – 78 tours, microsillons, CD, documents multimédia –, nous avons conservé les appareils d’époque », indique Xavier Loyant. Ce conservateur nous révèle ainsi d’incroyables machines, tels le Pathégraphe, avec son gros rouleau, pour apprendre les langues ; ou encore le Pathéconcert, impressionnant meuble à musique, finement sculpté. Mais aussi les fameuses Urnes de l’Opéra, enterrées dans les sous-sols du Palais Garnier depuis 1907, qui contenaient, scellés en leur sein, des disques et un gramophone, censés être découverts un siècle plus tard. Sacré legs ! Enfin, au département Arts et spectacles, avec sa collection d’affiches, programmes, accessoires, etc., relatifs à la danse, au théâtre ou encore au cirque froufroutent des étoffes, rutilent des tissus, bruissent des dentelles : 6 000 costumes témoignent de ces arts éphémères, convoquent les techniques, la démesure des créateurs. Ainsi, le directeur, Joël Huthwohl, dévoile-t-il, parée de perles, la robe d’influence byzantine que portait Sarah Bernhardt dans Theodora ; les costumes déjantés, imaginés par Decouflé pour la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’Albertville, les apparats de plume du Lido. Ou encore la « petite robe noire » de Piaf, à retrouver dans la grande exposition consacrée à la chanteuse au printemps 2015 (site François-Mitterrand). À tout rompre, le coeur et l’âme de la Bibliothèque nationale vibrent décidément sous les mille et une histoires de ses archives.
Entouré par l’hôtel Matignon et les ministères, ce quartier calme réserve, au détour de ses bonnes adresses, de nombreuses surprises gourmandes, mode ou chic. La preuve par dix. 1.La Pâtisserie des RêvesSon Paris-Brest (37 €) passe pour le meilleur de tout Paris. La boutique pop et chic de Philippe Conticini vient de souffler ses cinq bougies. Oubliez votre régime et craquez pour ses tartes et ses gâteaux plus alléchants les uns que les autres, tous précieusement exposés sous cloche.93, rue du Bac, Paris 7e01 42 84 00 82, lapatisseriedesreves.comOuvert du mardi au samedi de 9 h à 20 h, le dimanche de 9 h à 16 h 2.PAUL SMITH Le temple de l’homme élégant, ouvert depuis 1993. Un style anglais copié, jamais égalé. Cet hiver, on veut un sac de voyage 24 h en laine et en cuir (475 €).22, boulevard Raspail, Paris 7e01 53 63 08 74, paulsmith.co.ukOuvert du lundi au samedi de 10 h 30 à 19 h 3.LES SOUFFLÉS DU RÉCAMIER Exit La Cigale Récamier. Le mois dernier, cette institution gastronomique créée en 1968 et reprise par Gérard Idoux a fait peau neuve : nouveau nom, nouvelle déco plus épurée. Que le gratin politicomédiatique habitué des lieux et de sa terrasse se rassure, les soufflés salés et sucrés sont toujours à la carte. Plus nombreux même, et certains sans gluten. Sans réservation, 45 € à la carte.4, rue Récamier, Paris 7e01 45 48 86 58, lessouffles.comOuvert du lundi au jeudi de 12 h à 15 h et de 19 h à 23 h, le vendredi et le samedi, service en continu 4.AMI Cool, chic et facileVoici le dressing masculin d’Alexandre Mattiussi qui plaît tant. Dans son écrin épuré tout de noir et blanc : blousons aviateur, costumes XXL, pulls à pois, chemises à carreaux (225 €), manteaux croisés gris souris, sweats imprimés (150 €). Sans oublier les bonnets, marque de fabrique du créateur.22, rue de Grenelle, Paris 7e09 82 30 96 77, amiparis.frOuvert du lundi au vendredi de 11 h à 19 h et le samedi de 11 h à 19 h 30 5.MARCEL Après la rue Junot à Montmartre, les propriétaires de Marcel ont traversé la Seine. Même décor mi-industriel mi-new-yorkais et même cuisine sous influence US. Le week-end, Marcel sert des brunchs savoureux à base d’oeufs Bénédicte, de salades Cobb, de cheesecakes et de pancakes. Environ 25 € le repas. Sur réservation.15, rue de Babylone, Paris 7e01 42 22 62 62, restaurantmarcel.frOuvert du lundi au vendredi de 10 h à 23 h et le week-end de 10 h à 19 h 6.ATELIER MERCADALLa marque de chaussures fait main a discrètement soufflé ses 20 bougies et s’est offert le luxe d’un hôtel particulier pour y loger sa toute première boutique. On file au rez-de-chaussée pour trouver ces escarpins en cuir façon poulain (220 €).4, rue du Cherche-Midi, Paris 7e01 40 33 02 43, atelier-mercadal-shop.frOuvert du lundi au samedi de 10 h 30 à 19 h 7.Bookbinders DesignVenue directement de Suède, cette papeterie est unique en son genre. On peut certes y dénicher quantité de cahiers colorés (de 5,80 à 29 €), de papiers divers et de crayons, mais l’on peut aussi coordonner et personnaliser le tout. Un atout majeur pour les professionnels ou pour les albums photos de particuliers.130, rue du Bac, Paris 7e01 42 22 73 66, bookbindersdesign.comOuvert du lundi au samedi de 10 h à 19 h 8.DeyrolleImpossible de rester indifférent en entrant chez Deyrolle, référence en matière de taxidermie depuis 1831. Une boutique de l’étrange peuplée d’animaux naturalisés, de veuves noires, de coquillages, de papillons multicolores et de planches pédagogiques. Un cabinet de curiosités impressionnant doublé d’un savoir-faire recherché !46, rue du Bac, Paris 7e01 42 22 30 07, deyrolle.comOuvert le lundi de 10 h à 13 h et de 14 h à 19 h et du mardi au samedi de 10 h à 19 h 9.DES GÂTEAUX ET DU PAINEssayez l’Exubérante, une tarte aux fruits en trois cuissons (28 €), un de leur best-seller, ou leurs pains au levain croustillants.89, rue du Bac, Paris 7e01 45 48 30 74, desgateauxetdupain.comOuvert du mercredi au lundi de 10 h à 20 h (18 h le dimanche) 10.JACQUES GÉNINUne deuxième adresse pour ce chocolatier autodidacte. Ici, pas de salon de thé mais une boutique remplie de chocolats et de confiseries à se damner (38 € le coffret de pralines variées). Et Jacques Génin va bientôt lancer ses premières pâtes de légumes.27, rue de Varenne, Paris 7e01 53 71 72 21, jacquesgenin.frOuvert du mardi au samedi de 10 h 30 à 19 h 
1 – Tom Greyhound En plus des voitures, des hôtels et du design d’intérieur, le groupe coréen Hyundai s’ouvre aujourd’hui à la mode. Ce nouveau concept-store, venu de Séoul, réunit sur 360 m2 une sélection de plus de 50 designers internationaux dans une décoration chic et minimaliste.19, rue Saintonge, Paris 3e (01 44 61 36 59, tomgreyhound.fr)Ouvert du lundi au samedi de 11h à 19h2 – Popelini Grâce à cette enseigne de pâtisserie, le classique petit chou à la crème (1,85€) est de nouveau ଠla mode ! On choisit parmi les neuf parfums ou la recette du jour réalisée selon l’humeur du chef. 29, rue Debelleyme, Paris 3e (01 44 61 31 44, popelini.com)Ouvert du mardi au samedi de 11h à 19h30, le dimanche de 10h à 15h3 - March LA.BQuand deux Français fans de surf, de Los Angeles et de mode vintage s’associent, cela donne une marque de montres chic fabriquées en Suisse.50, rue Charlot, Paris 3e (01 75 57 93 90, march-lab.com)Fermé le dimanche 4 - Atelier CologneCette maison de parfum à la devanture bleue est entièrement dédiée à la Cologne. Les formules, très concentrées, offrent une meilleure tenue tout en conservant une touche de fraîcheur. Parmi les best¬of, Cédrat Enivrant et Grand Neroli (à partir de 50€), et la possibilité de personnaliser un petit étui en cuir pour la version de voyage.15, rue Debelleyme, Paris 3e (01 44 61 44 39)Fermé le dimanche5 - MuskhaneLancée par Thierry et Valérie, tombés amoureux de l’artisanat népalais, la marque propose décoration et accessoires de mode en feutre et en cachemire. C’est coloré et gai. D’ailleurs, Muskhane c’est tout un état d’esprit : le nom signifie « sourire » en népalais.3, rue Pastourelle, Paris 3e (09 77 06 53 47, muskhane.com)Fermé le dimanche6 - Comme un romanCette librairie et sa vitrine de 28 mètres de long sont une véritable institution dans la rue de Bretagne.Outre le large choix de lectures dans de nombreux domaines, elle abrite un espace dédié aux rencontres et aux expositions.39, rue de Bretagne, Paris 3e (01 42 77 56 20, comme-un-roman.com)Ouvert du mardi au samedi de 10h à 19h45 et le dimanche de 10h à 13h307 - Caffé MarcovaldoCe lieu (du nom d’un personnage de roman d’Italo Calvino), imaginé par quatre amis italiens, marie restauration bio (veloutés, tartes salées, tartines…) et librairie dans un cadre à la déco vintage. Sympa et convivial !61, rue Charlot, Paris 3e (09 80 44 86 49, marcovaldo.fr)Ouvert du mardi au samedi de 11h à 23h et le dimanche de 11h à 19h8 - ThomsenLancée en 2009 par Alix Thomsen, la griffe est connue pour ses chemises aux imprimés rétro et aux coupes modernes. Hommes et femmes y craquent pour des modèles en vichy ou Liberty (environ 150 €).98, rue de Turenne, Paris 3e (01 42 71 54 15, thomsen-paris.com)Ouvert du lundi au samedi de 13h à 20h et le dimanche de 11h à 18h9 - Pauline PinPratiques, ludiques et joyeux, les sacs, cabas et besaces de la créatrice changent de couleurs à chaque saison, tout en restant intemporels. 51, rue Charlot, Paris 3e (01 42 78 06 67, paulinepin.com)Ouvert du mardi au samedi de 11h à 19h3010 - Rose Bakery 2La preuve que l’on peut faire bio et bon ! La formule de la deuxième adresse de Rose Bakery ne change pas : les «bobos» se régalent toujours d’une assiette de légumes de saison (17,50€), de jus de fruit pressés minute (7€ les 400 ml) et de desserts savoureux (de 4,50 à 8€).30, rue Debelleyme, Paris 3e (01 49 96 54 01)Ouvert 7j/7 de 9h à 18hLES ADRESSES D’ORA-ÏTO Le designer français, primé de nombreuses fois pour ses créations, vient de quitter ce quartier où il vivait et avait installé ses bureaux. Il en connaît les moindres recoins. The Broken Arm« La sélection d’articles de ce nouveau concept-store est très pointue et le bar avec sa petite terrasse est super agréable. »12, rue Perrée, Paris 3e (01 44 61 53 60, the-broken-arm.com)Ouvert du mardi au samedi de 11h à 19h pour la boutique et de 9h à 18h pour le bar La Galerie Thaddaeus Ropac « J’y vais régulièrement. La sélection des artistes présentés y est très qualitative. »7, rue Debelleyme, Paris 3e (01 42 72 99 00, ropac.net)Ouvert du mardi au samedi de 10h à 19hLe Progrès« C’est l’endroit parfait pour commencer une bonne soirée. Ce bar brasserie résume à lui seul l’ambiance du quartier. »1, rue de Bretagne, Paris 3e (01 42 72 01 44) Ouvert le lundi de 12h à 16h et de 17h à 23h30 et du mardi au samedi de 12h à 16h et de 17h à 23hLE MARCHÉ DES ENFANTS ROUGESQuatre adresses culinaires de qualité qui se nichent dans le plus vieux marché de Paris. 39, rue de Bretagne, Paris 3e. Ouvert du mardi au samedi (et dimanche selon les adresses)L’Estaminet des enfants rouges Une petite cantine de produits frais et bio où les plats de saison changent tous les mois (formule express à 14 €).(01 42 72 28 12, lestaminetdesenfantsrouges.com)La Ferme de MésenguyIci, la star c’est le cheeseburger fermier avec cinq fromages au choix et ses frites maison (10 €).Chez TaekoUne cantine japonaise avec bentô, donburi et cake au thé vert (de 3 € à 14,50 €).(01 48 04 34 59)Chez AlainAlain garnit selon nos envies crêpes, sandwichs et blinis (fromages, légumes, etc.) pour seulement 7 €.
Partie intégrante du paysage parisien, l’ancienne ligne de chemin de fer la Petite Ceinture charrie son lot de fantasmes et d’histoires. Petite promenade à la découverte de ses richesses naturelles, de ses gares réinventées.Deux lignes parallèles de ferraille, plantées d’herbes sauvages, parsemées de fleurs anarchiques au printemps, qui, sur le ballast et les traverses, reprennent leur droit. Partout dans Paris, la Petite Ceinture, ancienne voie de chemin de fer encerclant la capitale, construite au xixe siècle et fermée en 1993, serpente sur 32 km, surgit sur un pont, à l’orée de longs tunnels, dévoile, en pointillé, ses rails. Patrimoine urbain, partie intégrante du paysage parisien, cette « belle aux voies dormantes », friche interdite d’accès, paradis des graffeurs, attire les promeneurs aventureux, qui franchissent en toute illégalité ses barrières hasardeuses, pour un petit bout de chemin de fer. Aussi célèbre que mystérieux, le lieu suscite son lot de fantasmes, mêle ses mythes à la réalité. Y vivrait ainsi un ermite, ex-employé de banque, déçu de la société, à l’abri du monde « d’en haut ». Surtout, dans ce havre de la biodiversité, grouille sous ses grandes voûtes arborées, sur ses talus boisés, un étonnant vivier végétal et animal : millepertuis, réséda, champignons, orties, lézards, renards, rongeurs, hérissons, chauve-souris… Comment, dès lors, apprivoiser ce patrimoine ?IDÉES ET ACTIONS FOURMILLENTDans le 16e arrondissement, le tronçon de la ligne d’Auteuil (porte d’Auteuil-porte de la Muette), a ainsi été transformé en sentier nature d’1,2 km, lieu de refuge de la vie sauvage dépourvu de ses rails, ouvert en 2004. Dans le 15e, entre Balard et la rue Olivier-de-Serres, il suffit de suivre les lignes métalliques, pour découvrir, au fil d’un segment d’1,3 km inauguré en 2013, des richesses naturelles : plus de 220 plantes et animaux, répartis en divers milieux (lisière, prairie, etc.).Les seules préservations naturelles, ne sauraient pourtant, à elles seules, dessiner le visage actuel de la Petite Ceinture. Certaines de ses 34 gares connaissent ainsi une seconde vie, comme celle de Charonne, rue de Bagnolet (20e), réinventée au milieu des années 1990 par des étudiants des Beaux-Arts, en salle de concert mythique. La Flèche d’Or (du nom du train reliant Paris à Londres, de 1926 à 1972) vibre aux sons branchés du pop, rock, folk, électro, hip-hop, etc. À l’autre bout de Paris, la gare de Passy, chaussée de la Muette (16e) abrite La Gare, un restaurant semi-gastronomique et tout près de là, le Mary Goodnight (rue d’Auteuil), bar à cocktails-restaurant thaï, sis dans la gare d’Auteuil.C’est pourtant dans le 18e que s’aménagent les modifications les plus substantielles. Porte de Clignancourt, il y a dix ans : dans ce quartier bigarré et dense, à deux pas des Puces, une bulle de nature tout en explosion de fleurs, de senteurs, de fruits, de légumes a éclos. Ce sont les Jardins partagés du Ruisseau, éden étiré le long des rails. Son fondateur et président, Denis Loubaton, explique : « J’habitais à proximité de cet endroit, devenu une décharge. Il y avait urgence. » Aujourd’hui le lieu, champêtre, accueille les écoles du quartier et quelque 400 adhérents bénévoles, à la main verte, qui cultivent ici leur lopin de terre et font volontiers visiter au public, ce brin de campagne.UN JARDIN, UN BAR ÉCOLOSur le quai d’en face, de nombreuses tablées se prêtent à la convivialité, à l’apéro. Nous voici à La Recyclerie, bar-restaurant au concept en vogue, ouvert en juin dernier, dans la gare Ornano.« Réseau Ferré de France l’a vendue à la ville, qui nous l’a louée », explique Stéphane Vatinel, déjà à la tête d’institutions, telles que Le Divan du monde, Le Glazart, Le Comptoir général ou La Machine du Moulin Rouge. « Le lieu se dédie à l’écologie, au troc, à la consommation équitable, au Do It Yourself, aux 3R (recycler, réparer, réutiliser), avec un angle festif, sexy, non culpabilisant », ajoute-t-il. Dans ce cadre atypique, orné de grandes plantes courant sur les murs et bénéficiant d’une vue sur voies, l’équipe programme des événements « éco-rigolo » : ateliers de réparation de vélo, confection de confitures, « broc-déj », etc. En projet ? Une ferme pédagogique ! Plus loin, la gare de Saint-Ouen, toujours dans le 18e, accueillera enfin, dès l’automne 2015, Le Hasard Ludique. Soit un bar-restaurant à vocation musicale, pluridisciplinaire, doté d’une salle de concert et d’un atelier.Une piste cyclable ? Une Coulée verte ouverte aux promeneurs ? Pour la Petite Ceinture, à chacun, donc, ses ambitions. Jean-Emmanuel Terrier, président de l’Association Sauvegarde Petite Ceinture, explique même : « Nous souhaitons une reprise de la circulation des trains sur une partie du réseau. Cela permettrait, de manière écologique, de désengorger le trafic parisien. Les solutions se trouvent dans la diversification de ses usages. » En perpétuelle harmonie avec le paysage, la ligne, doucement, se transforme.PETITE HISTOIRE DE LA PETITE CEINTURE1852-1869 : construction de la ligne, longue de 32 km et bordée de 34 gares.1862 : ouverture au transport de voyageurs.1900 : pic de fréquentation, avec 39 millions d’usagers, avant un important déclin.1934 : fermeture de la ligne aux voyageurs, au profit du métro et du bus PC. Seul le fret continue.1993 : abandon définitif de la ligne, sauf le tronçon du RER C.OÙ SE RESTAURER LA GAREUne salle de verre et d’acier pouvant accueillir 250 personnes et une terrasse arborée de 300 couverts : l’ancienne gare de Passy a été « réaffectée » en restaurant proposant une bonne cuisine de brasserie. Les plaques des numéros de quais où l’escalier qui menait aux trains ont été conservés. Le lieu fait toujours voyager.19, chaussée de la Muette, Paris 16e (restaurantlagare.com) Plat à partir de 25 €MARY GOODNIGHTEscale asiatique dans cette autre ancienne gare, avec une décoration néo-coloniale et un bar central tout en bois. Et, si la cuisine fleure bon les parfums et épices thaïlandais, Paris n’est pas loin, avec les deux terrasses (chauffées, au cas où…), dont l’une sur le toit. Un endroit idéal pour profiter de cette fin d’été.76, rue d’Auteuil, Paris 16e (marygoodnight.com)Plat à partir de 28 €
Les murs de Paris parlent et livrent leurs couleurs : de quartier en quartier, les artistes investissent les rues, essaiment leur poésie ou leur révolte. Visite guidée non exhaustive des spots capitaux du graff et du street art parisien.Montmartre, rue des Trois-Frères (18e). Bandana sur la tête, façon pirate du bitume, Raphaël, du collectif Haut En Couleur (1), invente à la bombe des paysages sur une façade d’immeuble abandonné, pose ses teintes vives sur aplat gris, dialogue avec les prémisses de cette fresque, peintes quelques  jours auparavant, par le graffeur Lazoo. « Là, on fait un “free style”, explique l’artiste. Une improvisation collective, avec plein d’invités. » Que l’oeuvre se voue à une disparition certaine – effacement, destruction du support ? C’est le jeu. Alentour, dans les ruelles sinueuses, le flâneur aux yeux curieux entendra les murs s’exprimer – collages, pochoirs, tags, etc. Plus loin, ses pas le guideront rue Ordener (18e), juste avant les voies de chemin de fer : sur un long mur, se dessine toute une histoire, non linéaire, du graff, avec des « crews » (« équipes ») historiques, comme 93MC, mêlés à des créations de jeunes « posse » (« bande ») (HEC pour Haut En Couleur, etc.). Lettrages 3D, peintures figuratives défilent sur ce mur coup de poing. à l’instar de ces lieux, tout Paris vibre sous l’assaut de ces oeuvres in situ, poétiques, contestataires, nées de la rue. On traquera alors, en un jeu de pistes, ces « patrimoines » : les pochoirs de Miss.Tic ou Blek le rat, les M. CHAT, les mosaïques façon pixel de Space Invader, les personnages d’André, etc. Pionniers du graff parisien, au début des années 1980, Skki et Jay One expliquent : « Importé des États-Unis, part intégrante de la mouvance hip-hop, le graff s’axait davantage, au début, sur les lettrages. On posait alors au Trocadéro, haut lieu de la culture skate, à Barbès, à Stalingrad, dans des terrains vagues. Il y avait une énergie, une excitation de dingue ! Paris était une plaque tournante mondiale du graff. » Ils parlent même de « démocratisation » culturelle : « Pour la première fois, des oeuvres s’offraient à tous, dans la rue », affirme Jay One. Aux premières loges de cette  petite révolution, Da Cruz, gamin du 19e dans les années 1980, observe les « grands frères », balancer plein pot des couleurs sur les murs de son quartier. Aujourd’hui, ses propres oeuvres, des fresques, de grands visages naïfs  en mode Incas, nuances pêchues et traits forts, entre « Mystérieuses Cités d’Or et Astro  Boy, unifié avec un voyage au Pérou », ornent les murs, rue de l’Ourcq, aux côtés de celles de son pote Marko 93. « C’est vous l’artiste ? Merci ! », s’exclame une mamie, de retour des courses. Da Cruz sourit : « Je viens en paix avec mes bombes de couleur, pour ambiancer les gens ensemble. » VIE DE QUARTIER, GRAFF DE QUARTIERL’artiste s’engage, peint avec les jeunes, mène des « visites graff » et planche aujourd’hui sur Ourcq Living Colors (les 5 et 6 juillet prochains), qui verra la réalisation « live » de deux murs. Surtout, il oeuvre pour la mémoire d’un secteur en pleine métamorphose : « Je peins sur des bâtiments voués à disparaître, sur ce mille-feuille urbain. Avec mes oeuvres, j’attire l’oeil sur ce patrimoine, je le préserve de l’oubli. Je joue sur l’inconscient collectif. » Dans l’arrondissement voisin (20e), au sommet du parc de Belleville, Julien « Seth » Malland évoque, quant à lui, ses voyages autour du globe pour expliquer l’évolution de son art. Sur les pylônes du belvédère,  ses personnages poétiques aux lignes douces, livrés aux tourbillons de leur rêve, regardent Paris. « Aux Arts-Déco, je me sentais à l’étroit sur mes toiles, confie-t-il. La rue, l’environnement et le support des murs m’offrent une liberté grandeur nature. Après des débuts dans le lettrage, mes voyages en Inde ou au Brésil m’ont enseigné d’autres esthétiques, d’autres façons d’investir l’espace. J’aime raconter des histoires ! » PARTOUT DES PEPITESPlus bas, rue des Cascades, les anges et les gargouilles d’Ender, au pochoir, en narrent d’autres : inspirés de l’imagerie de l’art classique, ils frottent leurs couches multiples de gris, aux aspérités des  murs, aux feuillages, regardent tristement les passants. Le 20e regorge de pépites : les bonshommes de Mesnager, les oeuvres de Nemo, et surtout ce « high spot », la rue Dénoyez, à Belleville, paradis des graffeurs. Autant de trésors que sacralise aujourd'hui la mairie du 20e, qui installe un « parcours du graff », avec l’association Art Azoï (2), commanditaire de la fresque de Seth, organisatrice d’expositions sur le mur du square Karcher, et de la partie « Street Art » de l’été du Canal (Paris 19e, du 5 juillet au 24 août). L’association Underground Paris  3) propose également des visites et des ateliers graff. Dans le 13e, lieu phare de l’art de rue avec la Tour 13, récemment démolie, et le squat d’artistes Les Frigos, ça s’organise aussi : sur le profil d’immeubles, la galerie Itinerrance offre un musée à ciel ouvert avec des fresques gigantesques peintes par des artistes internationaux (Shepard Fairey, C215, etc.). Institutionnalisé ? Récupéré ? Le graff, le street art, désormais en galerie, aux enchères (chez Artcurial), dans les sous-sols du Palais de Tokyo (Lasco Project), et même au Panthéon (le photographe JR expose les  portraits de 4 000 inconnus, jusqu’en octobre), aurait-il perdu son côté contestataire ? Quant à la dichotomie graff/street art : « Pochoirs, collages, photos, peinture, etc. Pour la première fois, un support, la rue, unit un même mouvement », dit Ender. « Quel que soit le média, on s’approprie l’espace urbain », complète Seth. Car l’essentiel est bien ici : dans les milliers d’histoires que livrent les murs de Paris.
Au pied du Sacré-Coeur, sur le versant sud de la butte Montmartre, le quartier s’ouvre à la création contemporaine sans pour autant renier son âme. Zoom sur nos dix adresses préférées.PETIT PANDepuis 2002, cette marque franco-chinoise insuffle un vent de légèreté dans l’univers de l’enfant et de la déco. La couleur est partout : sur les plaids, les matelas à langer de voyage (18 €), les coussins imprimés, les blouses, les mobiles et les lampions féeriques, et même les cerfs volants papillons (20 €), poissons ou libellules !10, rue Yvonne-Le-Tac, Paris 18e (01 42 23 63 78, petitpan.com). Ouvert 7j/7 de 10 h 30 à 19 h 30.AESOPUltra trendy, la marque australienne a conçu ce kit Jet Set (33 €), soit un shampooing, un aprèsshampooing, un gel nettoyant et un baume aromatique pour voyageurs organisés.15, rue des Abbesses, Paris 18e (01 42 64 82 94, aesop.com).Ouvert 7j/7 jusqu’à 19 h (19 h 30 les vendredi et samedi)SPREEDans leur boutique galerie épurée, Bruno Hadjadj et Roberta Oprandi rassemblent des pièces signées Kenzo, Marc Jacobs, Forte_Forte, Isabel Marant, Tsumori Chisato ou encore Cédric Charlier, ainsi que du mobilier (chaise Eames ou Thonet), des accessoires et des oeuvres d’art. Bref, la crème de la crème…16, rue La Vieuville, Paris 18e (01 42 23 41 40, spree.fr).Ouvert 7j/7 de 11 h à 19 h 30 (de 15 h à 19 h les lundi et dimanche)CAFÉ TABACFred le Frenchy et Charlotte l’Australienne ont installé leur coffee shop dans le décor rétro d’un ancien bureau de tabac.Ils y servent ristrettos (2,50 €), lattes et cappuccinos préparés avec le café de Genovese,un torréfacteur italien établi à Melbourne.2, rue Durantin, Paris 18e (01 42 51 44 53).Ouvert du mardi au vendredi de 8 h 30 à 18 h 30 et le week-end de 9 h 30 à 18 h 30.GALERIE WLa galerie ouverte par éric Landeau en 2008 – on lui doit la découverte de l’artiste Miss.Tic. et de ses pochoirs – dispose aujourd’hui de plus de 500 m2 d’espace d’exposition. De quoi présenter les oeuvres d’une vingtaine d’artistes comme les peintres Denis Robert (photo) et Troy Henriksen ou le photographe Vincent Bousserez.44, rue Lepic, Paris 18e (01 42 54 80 24, galeriew.com). Ouvert 7j/7 de 10 h 30 à 20 hEMMANUELLE ZYSMANCette créatrice parisienne conçoit des bijoux en pierres fines et précieuses mixées à de l’or, de l’argent ou du vermeil. Un résultat chic et plein de finesse, comme le prouvent ce brasselet « BB Frida » serti de cornalines (295 €) et cette manchette incrustée de turquoises « Garance » (470 €).81, rue des Martyrs, Paris 18e (01 42 52 01 00, emmanuellezysman.fr). Ouvert du lundi au samedi de 11 h à 19 h.HOMIESBientôt quinze ans qu’Emmanuelle a ouvert sa boutique de mode. Dans un univers pop, on déniche ici une robe de plage (50 €), une minijupe (69 €), des sweats rigolos, des boots camarguaises et des bijoux en pièces uniques.8, rue des Abbesses, Paris 18e. Fermé lundi et dimanche matin.LEKKERDans cette boutique inspirée de celles qu’on trouve en nombre à Amsterdam, tout est à vendre, même le mobilier ! Sophie et Solène ont sélectionné une trentaine de créateurs qu’elles affectionnent. Parmi eux : Salomé Charly et ses bijoux en bois, Jicqy les Mirettes et ses noeuds pap’ fleuris ou encore la marque Wanted Gina et ses jolis shorts imprimés (80 €). En bonus : une expo qui change tous les trois mois.35, rue des Trois Frères, Paris 18e (lekker.fr). Ouvert du mardi au dimanche de 11 h à 20 h.LA BOULANGERIE COQUELICOTDès qu’il fait beau, cette boulangerie créée en 1978 déploie ses tables en terrasse et tout le quartier débarque pour profiter de son petit-déjeuner ou de son brunch et déguster pains variés, macarons et tartes.24, rue des Abbesses, Paris 18e (01 46 06 18 77, coquelicot-montmartre.com). Fermé le lundi